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Trois questions à Sylvain Reymond, directeur général de Pro Bono Lab : “Quoi de plus concret qu'un engagement qui permet de donner plus que de l’argent, de donner profondément de soi ?”

Sylvain Reymond est le directeur général de Pro Bono Lab, une association spécialisée en bénévolat et mécénat de compétences. Ce “laboratoire d’innovation citoyenne” a pour ambition de permettre aux organisations à finalité sociale d’accéder aux compétences dont elles ont besoin pour se développer. Son directeur général nous explique comment la thématique du don en entreprise, et notamment du don de compétences, évolue dans ces temps marqués par la quête de sens.

Sylvain Reymond

directeur général de Pro Bono Lab

U&R


Quelle est l’origine de Pro Bono Lab ?

SR

Pro Bono Lab est né en 2011 pour créer un laboratoire de l’engagement citoyen et du partage de compétences. Sa vocation première est de permettre à des structures à finalité sociale d'acquérir les compétences dont elles ont besoin pour se développer. Nous sommes donc les intermédiaires entre les volontaires et les structures à finalité sociale. 

Nous avons vocation à fédérer trois types de publics : nos partenaires (les entreprises et collectivités) autour de la logique de mise à disposition des compétences ; les volontaires qui souhaitent partager les leurs et à qui l’on propose des missions régulières ; et les associations et structures à finalité sociale. Nous animons en permanence ces trois communautés pour créer un “matching” entre le besoin de compétences et les personnes qui souhaitent s’engager de cette manière-là. Notre rôle, c’est de les détecter puis les coordonner pour que la magie opère à travers une mission. Nous cherchons à trouver l’équilibre de compétences qui permettra de développer une structure d’intérêt général. 

Nous coordonnons également la réflexion autour de tous les nouveaux modèles d'engagement par la compétence, nous menons des recherches sur ces sujets et sommes membre fondateur du Pro Bono Network, qui associe 42 pays dans le monde.

U&R


Justement, quels sont les modèles d’engagement du futur ?

SR

À chaque enjeu stratégique ou opérationnel correspond un format d’engagement. Dans les entreprises, on observe une diversité de formats complémentaires qui permet d’offrir aux collaborateurs un parcours d’engagement à la carte, qui va de formats très engageants sur la durée à des choses très ponctuelles. Ce qui est nouveau, c’est que les entreprises formalisent ce dispositif à la carte en fonction des aspirations de la population de l’entreprise. Par exemple, on parle beaucoup d’Orange et du temps partiel senior, un dispositif de fin de carrière qui permet aux salariés en fin de carrière d’accorder une partie de leur temps de travail à une association d’intérêt général. Chez BNP et d’autres acteurs de la banque et de l’assurance, le mécénat de compétences intervient plutôt en milieu de carrière, parce que la question de la quête de sens se pose plus tôt. Parmi les formats les plus innovants, de plus en plus d’entreprises se recentrent sur des approches qui permettent de mettre à disposition des compétences auprès de structures d’intérêt général déjà soutenues par un mécénat financier. Le don de compétences s’inscrit dans une complémentarité avec le don financier, pour donner plus d’envergure au partenariat. On demande aussi de nouveaux formats, comme des missions qui permettent d’engager une multitude de compétences, et même inter-entreprises. De plus en plus de programmes font collaborer des entreprises très différentes sur un même sujet. Si on va plus loin, les missions pro bono permettent d’intégrer les collaborateurs mais aussi les professionnels en transition de carrière, les retraités, les demandeurs d’emplois… Parce que la compétence peut être partout, y compris en-dehors des entreprises.

U&R


Comment voyez-vous la thématique du pro bono évoluer en France ?

SR

Nous faisons un panorama du pro bono tous les deux ans. D’après le dernier, qui date de 2016, 67% des entreprises pratiquent le mécénat de compétences depuis moins de cinq ans. Ce chiffre a fait un bond entre 2014 et 2016, et depuis se stabilise. En face, 8 Français sur 10 estiment que les entreprises et les pouvoirs publics doivent être moteurs dans le développement du partage de compétences. On est au stade de la maturité à tous les niveaux. Nous bénéficions de la conséquence d’enjeux sociétaux majeurs, comme la fragmentation sociale, la rupture digitale, la quête de sens au travail, etc. : de plus en plus de particuliers ressentent ce besoin d’engagement. Et quoi de plus concret qu'un engagement pro bono qui permet de donner plus que de l’argent, de donner profondément de soi ? La crise de sens dans nos sociétés et notre besoin de co-construire, d’avoir un impact collectif et de créer de la valeur partagée font que le pro bono devient assez tendance. Il répond aussi à un enjeu de cohésion interne pour les entreprises. Il permet de communiquer sur la marque employeur, bien sûr, mais aussi d’accentuer son ancrage territorial et d’encourager l’innovation sociale, dans une logique d'enrichissement mutuel. Les associations ont autant à apprendre aux volontaires que l’inverse, et on évolue collectivement au gré des problématiques d’intérêt général. En somme, le mécénat de compétences devient un vrai modèle de formation alternatif, un outil de gestion des transitions de carrière et de développement des RH, qui l’incluent de plus en plus dans la qualité de vie au travail.

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