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Les mutations du volontariat à l’ère numérique

Il y a quelques années, le développement des réseaux sociaux a vu se répandre une nouvelle forme d’activisme social : le slacktivisme (ou clickactivisme). Le terme, une fusion d’"activisme" et de “slacker”, qui veut dire fainéant en anglais, est résolument péjoratif. Il sous-entend qu’aujourd’hui, on se contente de signer des pétitions en ligne ou de partager des posts indignés, sans plus s’engager concrètement.

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Selon un sondage, aux États-Unis, en 2016, 46% des millennials avaient fait du volontariat pour une cause sociale qu’ils estimaient importante et 52% avaient donné de l’argent à une cause sociale en laquelle ils croyaient. Ensuite, le numérique réinvente le volontariat et l’engagement de manière plus profonde qu’avec de “simples” campagnes de communication en ligne -- qui restent, notons-le, indispensables pour qu’une cause se fasse entendre.

 46% des millennials avaient fait du volontariat pour une cause sociale qu’ils estimaient importante et 52% avaient donné de l’argent à une cause sociale en laquelle ils croyaient.

Du clickactivisme au don d’argent

S’il faut détailler les étages de la fusée qu’est l’engagement social, le premier serait peut-être la signature de pétitions en ligne, suivi du don d’argent ou d’objets, puis du bénévolat et de ce qu’on appelle le mécénat de temps et de compétences, c’est-à-dire le fait d’apporter gratuitement son expertise à une association qui en a besoin. Aucune de ces formes n’est née avec le numérique, mais il est indéniable qu’elles se trouvent facilitées, voire approfondies à l’ère du slacktivisme. Premier étage, donc, les pétitions et campagnes de communication, qui grâce aux réseaux sociaux connaissent une audience inédite auparavant. 

La campagne virale Ice Bucket Challenge a ainsi permis, à la fois, de faire connaître au grand public la maladie de Charcot (ou ALS) et d’atteindre le deuxième étage, celui de la levée de fonds : plus de 100 millions de dollars ont été récoltés pour l'association ALS cette année-là, contre 2,8 millions l'année précédente. Bien évidemment, l’organisation d’une campagne virale à succès ne doit rien au hasard. Pour faire entendre ses messages, le mouvement américain 350 a ainsi construit un outil de conception de campagnes en creative commons, de manière entièrement décentralisée et collaborative. Spécialisé dans la sensibilisation sur le changement climatique et la lutte contre les énergies fossiles, 350 met à disposition de chacun une boîte à outils pour faire sa propre campagne en ligne. 

Ensuite, le succès de la campagne virale se mesure au volume des dons recueillis. Mais le don peut se faire aussi de manière régulière, à la fois plus modeste et plus durable. C’est ce que propose l’entreprise sociale MicroDON (voir interview), qui a importé en France l’arrondi en caisse et le microdon sur salaire. Les entreprises qui souhaitent encourager leurs salariés à donner ont ainsi recours à la plateforme développée par MicroDON, qui permet aux collaborateurs qui le souhaitent de donner chaque mois les centimes de leur net à payer, plus un montant complémentaire, à l’association de leur choix. Le tout passe par un outil numérique conçu par MicroDON pour s’intégrer aux logiciels de paie utilisés par l’entreprise. L’employeur peut choisir de doubler la mise et les dons vont directement à la cause choisie.

Donner de son temps et de ses compétences

Si, après avoir partagé une campagne et donné de l’argent, on veut s’engager “dans la vraie vie”, le numérique facilite aussi la démarche, avec des plates-formes qui mettent en relation des bénévoles et des causes. Par exemple, la start-up parisienne Charity répertorie les offres de volontariat et d’engagement associatif disponibles à Paris. Son moteur de recherche aide à trouver une cause et une association selon les thématiques qui vous intéressent et votre temps disponible par semaine. 

Le mécénat de compétences se fait aussi plus fluide grâce à des sites qui mettent en relation des professionnels prêts à mettre leurs talents au service d’ONG ou d’entreprises sociales qui ne peuvent les payer (voir brève). La start-up américaine Loqules pousse un peu plus loin la logique de ce type de mécénat, en y associant les directions des entreprises elles-mêmes. Loqueles est spécialisée dans l’organisation d’expériences qui mettent en relation des entreprises et des communautés. Pour répondre aux demandes de leurs salariés, les comités d’entreprise de Salesforce, Uber, Citibank et Facebook ont tous décidé d’utiliser ses services pour nouer un partenariat avec une association humanitaire locale. D’autres grands acteurs du numérique ont aussi pris le pli. Depuis 2014, Airbnb propose à ses employés 4 heures de volontariat par mois sur leurs heures de travail rémunéré. De son côté, Dropbox offre 32 heures payées par an à ses salariés pour qu’ils les consacrent à une activité associative. 

Ces initiatives peuvent être considérées comme des modernisations de ce qu’on appelle le congé de solidarité : en France, un salarié a le droit d’occuper ses congés à travailler (souvent à l’international) de manière bénévole pour une association. Le concept permet non seulement de recruter les compétences professionnelles spécifiques dont ont besoin certains projets, mais aussi de trouver des sources de financement. Si rien ne l’y oblige, l’employeur peut en effet choisir, dans le cadre de sa démarche RSE, de financer la mission de son salarié. Cette idée préexiste au numérique, bien sûr, mais elle pourrait bénéficier des plateformes pour mettre en relation volontaires et associations, et des réseaux sociaux pour gagner en visibilité. Un salarié en congé de solidarité pourrait lancer sa campagne en ligne sur la cause qu’il soutient, qui deviendrait virale et récolterait des dons grâce à tous les slacktivistes en quête d’une nouvelle initiative à défendre. Et voilà, la boucle est bouclée !

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