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L'engagement au travail, une question d'équilibre

Selon la dernière étude de l’institut Gallup, à peine 6% des salariés français s’affirment engagés au travail, ce qui fait de notre pays l’un des plus mauvais en Europe sur la question. Pourtant, le lien entre niveau d’engagement et productivité individuelle et collective n’est plus à démontrer, autant que son influence sur le bien-être physique et mental des employés. Dès lors, tributaires de l’épanouissement de leurs salariés, les entreprises de toutes les tailles s’activent — parfois aveuglément. Mais comment mieux engager tout en préservant l’équilibre fragile entre vie professionnelle et vie personnelle ?

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Le travail en entreprise, métronome de nos vies

Si on pouvait penser presque naïvement il y a un siècle qu’on travaillerait de moins en moins, on remarque plutôt à l’inverse qu’on continue à passer le plus clair de notre temps derrière un bureau. Néanmoins, alors que la délimitation entre notre temps au travail et notre temps de loisirs était claire il y a une encore une vingtaine d’années, le numérique a participé à brouiller cette frontière. Toujours connectés, nous avons du mal à mettre notre vie professionnelle de côté une fois la porte du bureau franchie. 

Ce n’est pourtant pas de gaîté de coeur que nous continuons à lui tailler la part du lion : les chiffres sur l’épanouissement au travail sont désastreux. Un français sur cinq s’estime franchement désengagé, jusqu’à exprimer activement son mécontentement. La France, dans cette étude de l’institut Gallup de mars 2018, affiche l’un des pires scores d’Europe de l’Ouest. Turn-over, baisse de la productivité, absentéisme… Le coût de ce désengagement au travail en France est estimé à 97 milliards d'euros selon le même institut. Outre le turn-over accru et l’absentéisme, le désengagement des salariés est un enjeu de santé publique. Entre le « bore-out » — l’ennui maladif au travail — et le fameux « burn-out », ne pas être épanoui au travail nuit à la santé, et à la productivité. 

Face à ces maladies d’un nouveau genre, identifiées comme telle depuis quelques années, les entreprises ont pris conscience de l’importance du bien-être physique et mental de leurs salariés. Plus encore, aujourd’hui la responsabilité des entreprises dépasse ces questions de bien-être : les salariés sont « en quête de sens » dans leur travail et y voient une des conditions de leur bonheur. Fini les « bullshit jobs » décrits par D.Graeber, le jeune actif fuit ces métiers qui ne riment à rien et veut donner un sens à son activité. 

L’ensemble de ces facteurs transforme le rôle que l’entreprise joue dans la vie de ses salariés. Ce changement de paradigme a plusieurs visages : celui des conditions de travail des salariés qui peuvent être améliorées, celui de la mission même de l’entreprise qui peut être redéfinie, et enfin celui des avantages que l’entreprise peut offrir à ses salariés — expériences ou cadeaux, qui se vivent en dehors du temps de travail.

Choyer ses employés, la fausse bonne idée ?

Certaines entreprises récentes, comme l’emblématique Google, misent tout sur la qualité des heures passées au bureau — entre babyfoots et salles de sieste. Cette tendance des « wellness programs » (programmes de bien-être) est pourtant aujourd’hui sujette à controverse. Alors que les grandes entreprises américaines ont massivement investi — cours de nutrition, de sport, de yoga, jusqu’à l’accompagnement à l’arrêt du tabac — les résultats sont mitigés. Il semblerait que ce genre de programmes bien-être ne profite qu’aux employés déjà en bonne santé, et pas à ceux qui en auraient le plus besoin. L’impact sur la productivité n’est lui non plus pas toujours confirmé. 

Le modèle des startups suit pourtant la même idéologie : plus le lieu de travail sera plaisant, ludique, propice à la récréation et plus les employés auront envie de rester — quitte à ne plus faire la différence entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle. Cette forme de néo-management qui s’émancipe des contraintes traditionnelles de l’entreprise — pas de hiérarchie, pas d’horaires, des collègues qui sont nos amis et un « chief happiness officer » — n’échappe pas à la critique. Le sujet de la « dictature du bonheur » dans l’entreprise a d’ailleurs été introduit dernièrement par plusieurs ouvrages comme Happycratie des chercheurs Eva Illouz et Edgar Cabanas. Dès lors, assurer le bien-être de ses équipes ne doit pas être synonyme d’une approche trop naïve, dont les effets pervers sont aujourd’hui connus.

L’entreprise se responsabilise

Si le bien-être au travail est un levier largement répandu, l’entreprise peut décider d’agir sur sa mission même et sur ses valeurs, éléments indispensables pour susciter l’engagement de ceux qui y travaillent. 

Une entreprise responsable, le nouveau paradigme sur lequel les employeurs s’alignent sous peine de ne plus être capables d’attirer des talents. En effet, donner du « sens » à son quotidien professionnel serait la grande aspiration des 18-35 ans d’aujourd’hui selon la journaliste Emilie Vidaud, exposée dans son livre The Social Calling. 

Depuis quelques années, nombreuses sont ces entreprises à avoir pris à bras le corps la question de leur responsabilité sociétale, allant jusqu’à l’inscrire dans leurs statuts. Entre autres, ce qu’on appelle aujourd’hui un Objet Social Etendu (SOSE) défini la recherche d’un impact positif de l’activité de l’entreprise sur les salariés, les fournisseurs, les clients ou une communauté, voire sur l’environnement. Les parties prenantes sont incluses aux processus de décision, et les salariés impliqués dans la gouvernance de l’organisation, renforçant leur sentiment d’appartenance et les rendant acteurs des transformations que vit l’entreprise. Cette affirmation du rôle sociétal que joue l’entreprise, la définition de valeurs communes, donne à ses employés de nouvelles raisons d’être fiers de leur activité. Parce que tout ne se joue pas dans l’enceinte de l’entreprise, de telles aspirations peuvent également être épousées par un engagement en dehors du travail normal des employés : effectuer des missions en « pro bono » pour certaines associations, ou même de dédier un jour par semaine à une association comme le propose la startup Vendredi.

J’aime mon entreprise parce que je la quitte

En effet, un salarié ne s’épanouit pas seulement parce que l’entreprise s’attarde sur son bien-être au bureau, mais aussi parce qu’elle valorise son temps libre et qu’elle respecte son équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. L’entreprise peut proposer à ses équipes du temps pour développer les projets personnels qui leur tiennent à coeur ou leur offrir de nouvelles possibilités de vacances, d’expériences en famille… Pour ne pas avoir à décider à la place des employés comment utiliser leur temps libre, elle peut privilégier les chèques cadeaux et les récompenses dont le choix est du côté du bénéficiaire. Services de conciergerie, billetteries culturelles, ces avantages sont ceux qui facilitent la vie privée du salarié. 

Exit l’entreprise qui ne fait valoir qu’un montant sur une fiche de paie, si aujourd’hui les salariés attendent plus de leur employeur, cet engagement ne doit pas étouffer outre mesure leur vie personnelle. Dans cette optique, l’entreprise vraiment engageante pourrait tout simplement être celle qui revient à un respect de l’équilibre entre les différents aspects de la vie de ses membres.

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