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Consommer local, un acte de résistance ?

Après la ruée vers les centres commerciaux des périphéries, voilà que les petits commerces des centres-villes se frottent à une concurrence hors-sol. En effet, il est maintenant possible de commander et de recevoir chez soi n'importe quel bien venu du bout du monde : livres, albums, gadgets, cadeaux en tout genre. Dans ce cadre, comment empêcher la désertification du coeur de nos villes ? Les initiatives ne manquent pas pour promouvoir une économie plus locale, plus juste, en commençant là où tout se joue : les choix de consommation.

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Selon l’étude réalisée par l’Observatoire de la consommation responsable, 86% des français estiment que consommer local répond à des enjeux sociétaux majeurs, comme la lutte contre le chômage ou la désertification des campagnes. Pourtant, comment résister à l’offre gargantuesque, aux prix très compétitifs et à la rapidité de livraison inégalée des géants du e-commerce qui nous vendent des produits venus des quatre coins du monde ? 

Dans son livre « Comment la France a tué ses villes », Olivier Razemon s’étonnait de l’inertie des collectivités devant la construction de grandes centres commerciaux de périphérie, à l’origine de l’agonie des centres-villes. Depuis, l’essor du e-commerce en rajoute une couche. Ironie du sort, ce sont les grandes enseignes elles-mêmes qui s’en plaignent aujourd’hui. Il faut dire que l’enjeu est de taille, et le modèle économique des petits commerces ne fait pas le poids. Après le rouleau compresseur de la grande distribution de périphérie, les petits acteurs des centres-villes seraient sous le joug d’une concurrence dématérialisée.

Sauver le coeur commerçant de nos villes

Pourtant, les petits commerces ont des arguments à revendre. L’expérience d’achat qu’ils proposent, connectée à la réalité, est ce qui fait la spécificité de ces acteurs qui connaissent leurs produits, et qui leur permettrait selon certaines analyses de résister à l’envahisseur numérique. Moins sensibles aux promotions, les clients des petits commerces seraient en effet avant tout à la recherche de produits de qualité et d’une proximité relationnelle et géographique. Ce lien social qui nous est si cher, serait donc à chercher du côté du libraire en bas de la rue… 
Comment, dès lors, favoriser une consommation responsable, qui permettrait de sauvegarder ce qui fait le coeur dynamique de nos villes et villages ? 

Préservation des savoirs-faire, création d’emplois, réduction de l’empreinte carbone… Les bonnes raisons ne manquent pas pour prêter attention à ses choix de consommation, et favoriser les produits et les artisans français. Tantôt appelé « made in France », « made in local » ou même « locavorisme », cette tendance aux différents visages prend de l’ampleur dans notre pays fier de ce qu’il a à offrir.

Producteurs, artisans, commerçants : tous résistants

Ce constat a d’ailleurs donné naissance à un florilège d’initiatives, chacune contribuant à sa manière à valoriser la production, le commerce et l’artisanat locaux. Côté producteurs, on compte les Amap (associations pour le maintien de l’agriculture paysanne), les associations de ventes directes du producteur au consommateur, les potagers partagés de ville… La startup « La Ruche Qui Dit Oui » propose par exemple de réserver un panier de fruits et légumes auprès de producteurs à moins de 200 kilomètres de chez soi. 
Côté créateurs, la consommation responsable revêt la bannière « made in France ». Selon un sondage Ifop réalisé en 2017, 74% des français accepteraient ainsi de payer plus cher un produit fabriqué en France. C’est dans cette perspective que la rue du Vertbois à Paris est devenue pendant deux mois cet été, la rue emblématique de ce mouvement. Elle a réuni des boutiques éphémères mettant la singularité française et son savoir-faire à l’honneur. Côté économique, Paris a également développé sa monnaie locale, la « pêche », née à Montreuil (93) et utilisable auprès d’une centaine de commerces. Depuis quelques mois, on peut convertir ses euros en « pêches franciliennes » dans les bureaux de change prévus à cet effet, et ensuite les dépenser dans les commerces du réseau. La loi de 2014 relative à l’économie sociale et solidaire aurait permis la naissance de beaucoup d’initiatives de ce type en France, en autorisant l’utilisation de monnaies complémentaires lorsqu’elles sont initiées par des acteurs de l’ESS. Elles auraient connu un « vrai boum » selon Wojtek Kalinowski, co-directeur de l’institut Weblen qui étudie l’impact de ces nouvelles devises sur notre territoire. Leur dématérialisation leur permettrait en outre de se répandre à une plus grande échelle. Au delà de la consommation, ces monnaies ouvriraient également la voie à des collaborations entre les acteurs locaux, incités à utiliser eux-mêmes ces devises dans leur activité. Cependant, malgré cette évolution significative, ces monnaies alternatives resteraient relativement marginales dans nos usages à l’échelle nationale.

Plaisir d’offrir, joie de consommer responsable ?

Outre les monnaies, les cadeaux sont une des voies possibles de cette consommation qui valorise la prospérité et la diversité des petits commerces et des artisans locaux. 
D’une part, on observe le succès croissant de cadeaux jugés responsables, soit parce qu’ils sont écologiques, soient parce qu’ils répondent à des critères éthiques. Des abonnements pour des « box » de vins bios, de cosmétiques bio, de produits faits mains par des artisans français… 
De l’autre, pour ceux qui sont moins sûrs de viser juste, les chèques cadeaux restent une solution prisée. Parce qu’ils permettent également d’être consommés chez des acteurs responsables, ils orientent le choix de l’heureux élu. Une alternative au billet qu’on glisse dans une enveloppe, et qui permet de personnaliser cet acte de plaisir partagé. Ces nouvelles manières d’offrir ouvrent la voie à une consommation locale, chez les commerçants, dans les boutiques, et permettent à leur manière de redonner vie au tissu urbain. 

A l’image de l'initiative « Place des libraires » qui permet de commander un livre en recensant les librairies autour de chez soi, la résistance s’organise contre la consommation dématérialisée de produits venus de l’autre côté de la planète. Préserver nos centres-villes, nos commerçants, est avant tout une question de choix de consommation au quotidien, facilités par un nombre croissant de dispositifs.

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