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Scopéli vise l'accès à une alimentation locale et bio pour tous

Un magasin pas comme les autres a ouvert ses portes en avril 2019 en Loire-Atlantique. Ici, les clients sont aussi les propriétaires. Scopéli vise à permettre au plus grand nombre l’accès à une alimentation bio et locale.

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Peu de choses distinguent Scopéli, à Rezé, près de Nantes, des autres grandes surfaces de cette zone commerciale. Des clients arpentent les rayons, paniers à la main, alors que s’affairent en caisse et dans la réserve des dizaines de personnes. Dans les bureaux visibles depuis le magasin, d’autres sont penchées sur un ordinateur ou en réunion autour de grandes tables.

Pourtant, Scopéli n’a rien de votre hypermarché habituel. Ici, les clients comme les travailleurs sont propriétaires du magasin : c’est une coopérative participative. La grande surface nantaise - première du genre dans la région - a ouvert ses portes en avril 2019, mais l’idée est née trois ans plus tôt, « autour d’un apéro organisé par une poignée de citoyens sensibilisés à une consommation locale et responsable », relate Sarah Rouas, coopératrice et référente du pôle communication.

Concept né à New York

« Le déclic est venu du film documentaire Food coop, qui retrace l’histoire du premier supermarché coopératif, créé à New York en 1977. » Une association voit le jour, baptisée La cantine des Colibris et des Faizeux, en référence aux mouvements de Pierre Rabhi et d’Alexandre Jardin. Pendant un an, elle organise dans l’agglomération nantaise des projections de ce film. En 2017, elle compte 2000 adhérents qui lancent le projet de supermarché coopératif avec 32 coopérateurs au départ. Leur objectif : permettre une alimentation saine, respectueuse de la santé, de l’environnement et des producteurs, à un prix abordable.

Une fois trouvé le local, une ancienne salle de fitness de 440m², les coopérateurs lancent des chantiers participatifs pour mettre le bâtiment aux normes. La gouvernance de la coopérative elle aussi se dessine, collectivement : la décision est partagée selon la règle “une femme/un homme, une voix” et chaque coopérateur peut prendre part aux instances selon sa disponibilité, et assister à toutes réunions des instances en auditeur libre. Le fonctionnement quotidien du supermarché repose quant à lui sur ce principe : « C’est celui qui fait qui prend sa responsabilité », souligne Sarah Rouas. Quelques mois plus tard, la coopérative embauche quatre salariés (cadres) à mi-temps dont le rôle est de coordonner le travail des coopérateurs.

Trois heures par mois minimum

Pour intégrer l’aventure, il suffit d’acheter une part de 50 euros, et pour faire ses courses au supermarché, de participer 3 heures par mois au moins à son fonctionnement. Accueil, caisse, mise en rayon, achats… Chacun choisit sa tâche selon ses affinités et s’inscrit dans le planning, qui occupe actuellement tout un pan de mur avec ses petites fiches papiers de toutes les couleurs. « On n’est pas encore informatisés mais ça fonctionne bien ! », souligne Sarah Rouas.

Aujourd’hui, la coopérative compte 2 100 membres et reçoit 30 à 40 demandes de participation par mois. Les coopérateurs sont étudiants, retraités, actifs et âgés entre 18 et 75 ans. Après un peu plus de six mois d’ouverture du supermarché, tout tourne à plein. Le magasin propose principalement du bio, du local et la vente en vrac se développe rapidement pour répondre à une demande importante. L’une des fiertés de Scopéli est de proposer un panier moyen 15 % moins cher que les magasins bio spécialisés de la région. « Nous faisons moins de marge, explique Sarah Rouas. Même si par ailleurs, nous ne négocions jamais avec les producteurs locaux, partant du principe que le prix qu’ils demandent est celui dont ils ont besoin pour vivre. » L’exemple de Scopéli rebondit : Sarah Rouas vient de raccrocher au téléphone avec des habitants de Corse qui souhaitent se lancer. « Mais nous ne sommes pas les premiers ni les seuls ! » sourit-elle : Paris, Lille, Montpellier, Bordeaux, entre autres, ont déjà leur supermarché coopératif.

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