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Pour que dépendance ne rime pas avec exclusion

Si les français vivent de plus en plus longtemps, ils ne vivent pas toujours en meilleure santé, et souvent dans la solitude. Une récente étude révèle ainsi que plus d’une personne de plus de 60 ans sur trois ne sort pas de chez elle chaque jour.   Dans ce contexte de vieillissement de la population, nous devons faire un choix de société : quel accompagnement souhaitons-nous pour nos aînés ?

Article5 dependance

« Les français vivent plus longtemps, mais leur espérance de vie en bonne santé reste stable » titrait la récente étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques). Cet indicateur, qui mesure le nombre d'années qu'une personne peut compter vivre sans souffrir d'incapacité dans les gestes de la vie quotidienne, aurait cessé de progresser. L’enjeu est d’importance, car en 2050, un habitant sur trois sera âgé de plus de 60 ans (contre un sur cinq en 2005). Une situation qui a entre autres poussé le gouvernement à présenter le 18 septembre 2018 sa stratégie en matière de santé, qui a suscité des réactions mitigées de la part des professionnels du secteur. Mieux vieillir, un enjeu collectif qui ne cesse de gagner en importance.

L’accès à la santé encore inégalitaire

L’égalité en matière d’accès aux soins est encore loin d’être une réalité. L’état de santé, quand vient l’âge de la retraite, est très lié aux conditions de travail lors de la vie active, et donc à la classe sociale. Les plus défavorisés sont également ceux qui vieillissent avec le plus de problèmes de santé — et ce sont également eux qui sont parfois contraints de renoncer à des soins. Pour les plus modestes, c’est une double-peine. 
En 2017, près de 3 millions de personnes n’ont pas fait valoir leurs droits à une couverture maladie par manque de moyens ou par manque d’informations. L’information est l’une des conditions sine qua non à la juste prise en charge de nos séniors. Pour y répondre, la Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie (CNSA) a lancéune campagne d'information vidéos, « Ensemble pour l’autonomie », sur le sujet des aides et des solutions pour faire face à une perte d'autonomie liée à l'âge. Elle a également rappelé l’existence du portail www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr, dont l’objectif depuis 2016 est de d’accompagner nos aînés à distance sur l’accès à leurs droits.

Seuls à la maison

« L’enjeu n’est pas d’apporter des années à la vie mais de la vie aux années » témoigne Frédéric Bierry, président de la commission Solidarités et Affaires Sociales de l'Assemblée des départements. Parce que vieillir n'est pas une maladie, tout ne se résume pas à un problème d'aide médicale. Les personnes âgées ont besoin de services adaptés, mais plus encore qu'on refuse de les laisser vivre dans la solitude. 

L’un des sujets les plus douloureux pour les personnes âgées dépendantes et leurs proches est d’ailleurs celui du maintien à domicile. Selon Hervé Sauzay, gérant de l’Institut Français des Seniors : « Le second besoin des 6 millions de plus de 75 ans est de rester vivre à domicile, où ils sont plus épanouis et peuvent mieux vieillir ». Mais maintien à domicile ne doit pas rimer avec assignation à résidence. En effet, selon une étude CSA de 2017, plus d’une personne de 60 ans sur trois ne sort pas de chez elle chaque jour. 

Face à ces enjeux, de nombreux aidants s’activent chaque jour pour accompagner leurs aînés ou ceux des autres. Selon la DRESS, en 2008, 8,3 millions de personnes aidaient un proche malade, âgé ou handicapé. Une situation de plus en plus difficile à ignorer : avec le vieillissement de la population, le nombre d’aidants familiaux ne va cesser de s’accroître — sans pour autant qu’ils profitent d’un accompagnement adapté. 

Alors que faire ? Certains en appellent à une refonte en profondeur du modèle social de l’accompagnement à la dépendance. Mais en attendant, les initiatives visant à soulager le travail des aidants se multiplient.

Les acteurs privés s'emparent du problème

Confrontée aux coupes budgétaires, la société civile s’organise. Les associations, comme Les Petits frères des pauvres, observent une mobilisation citoyenne croissante sur le sujet de l’accompagnement de nos aînés : « En 2017, plus de 30% de nos bénévoles avaient moins de 30 ans. C’est le début d’une prise de conscience collective. » La révélation du manque de moyens financiers et humains de la plupart des EHPAD publics aura au moins eu le mérite de sensibiliser à cette question longtemps taboue. 

Mais si ces associations ont toujours été actives sur cet enjeu de société, on observe depuis quelques années l’arrivée massive d’acteurs privés, notamment de startups. 
Ces nouveaux acteurs sont regroupés sous la bannière de la « Silver economy », subventionnée par l’Etat français depuis 2016. Parmi eux, de nombreux jeunes entrepreneurs voués à proposer de nouvelles solutions de prise en charge de seniors, souvent à partir de leur maîtrise d’une technologie. Dans le lot, on trouve aussi bien celles qui sécurisent les maisons que celles qui conseillent les familles, ou encore celles qui proposent des moyens de mobilité adaptés… 
Le secteur de l'Économie Sociale et Solidaire voit également naître de nouveaux acteurs sur le sujet, comme la startup « Les Talents d’Alphonse » qui vise à recréer du lien intergénérationnel en permettant à de jeunes adultes d’apprendre à coudre, à jouer du piano, à cuisiner, avec une personne âgée prête à transmettre son savoir-faire. Un moyen de rompre l’isolement qui touche ces populations et d’encourager les plus jeunes générations à voir la question de la vieillesse sous un jour nouveau.  

La solution sera collective

Face à la diversité des acteurs maintenant positionnés sur la question de la prise en charge de nos seniors, l’enjeu n’est pas de savoir qui propose la solution la plus innovante, mais bien de réussir à faire collaborer l’ensemble des acteurs de cet écosystème. Alors que les collectivités sont un acteur de premier plan de l’accompagnement de proximité, que les entrepreneurs et les associations proposent de nouveaux services adaptés aux contraintes actuelles, il s’agit de défendre une approche collective de la dépendance et de permettre à chaque acteur d’agir au sein de ce système. 

L’enjeu est de parvenir à engager des actions concertées, de bâtir des coopérations de proximité à l’épreuve des déserts médicaux, et d’ajuster nos actions collectives en fonction des prises en charge déjà existantes. 

La qualité de l’accompagnement dans la dignité, en partant des besoins du bénéficiaire, devra guider cette approche systémique du problème. A moins que nous préférions d’un avenir où les robots seront les seuls compagnons de nos aînés — à l’image de ce robot phoque qui hoche la tête ? 

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